Intérêts
Les intérêts des emprunts contractés par
une entreprise sont déductibles si ces emprunts ont
été contractés pour les besoins et dans
l’intérêt de l’entreprise.
Règles de sous-capitalisation
applicables aux exercices clos à compter du 1er janvier
2007
CONTEXTE
Afin de mettre en conformité avec les dispositions communautaires (CJCE 2002 « Lankhorst-Hoborst GmbH - CE 2003 n° 233894 SARL Coreal Gestion – liberté d'établissement) et les conventions fiscales signées par la France (CE 2003 Andritz - convention internationale) de nouvelles règles de sous-capitalisation sont entrées en vigueur au titre des exercices clos à/c du 1er Janvier 2007.
Seules sont concernées les entreprises liées c'est à dire:
- Lorsque l’une détient, directement ou indirectement, la majorité du capital social de l’autre
- Lorsque l’une exerce en fait le pouvoir de décision chez l’autre
- Lorsque deux entreprises sont placées, dans les conditions définies ci-dessus, sous le contrôle
d’une tierce entreprise.
Ne sont pas concernés:
- Les prêts par des entreprises qui ne répondent pas à la définition des entreprises liées;
- Les opérations réalisées dans le cadre d’un « cash pooling » groupe;
- Les opérations de crédit-bail;
- Les intérêts dus par les établissements de crédit.
Taux d'intérêt maximum déductible:
- Moyenne annuelle des taux effectifs moyens pour les prêts des établissements de crédit à taux variable au minimum à 2 ans
- Taux que l’entreprise emprunteuse aurait pu obtenir d’un établissement financier indépendant dans des conditions analogues
Remarque: Les intérêts versés à des entreprises liées qui excédent le taux limite ou le taux
alternatif sont définitivement non déductibles.
Montant maximum d'intérêts déductibles:
Les intérêts versés au cours d’un même exercice par une entreprise à plusieurs entreprises liées ne sont déductibles qu’à concurrence de la plus élevée des quatre limites suivantes :
- 1,5 x Capitaux propres apprécies en début ou fin d’exercice
- Montant moyen Σ prêtées par entreprises liées
- 25% résultat courant rectifié (Intérêts, Amortissements, Crédit bail)
- Montant des intérêts versés à l’entreprise par des entreprises liées
Les intérêts non déductibles au titre d'un exercice bénéficient d'un système de report sur les exercices ultérieurs.
Règles de sous-capitalisation
applicables aux exercices clos au plus tard le 31 décembre
2006
Les intérêts afférents aux sommes mises à la disposition par les associés ne sont pas déductibles lorsque :
Le capital n'est pas entièrement libéré.
Le taux d’intérêt dépasse le maximum égal à la moyenne annuelle des taux pratiqués par les banques pour les prêts de plus de 2 ans consentis aux entreprises est retenu chaque année par l’administration fiscale. Cette limitation n’était pas applicable aux opérations effectuées dans le cadre de centrales de trésorerie. Toutefois par une décision en date du 11 décembre 2002, la Commission européenne a considéré que le régime fiscal applicable aux centrales de trésorerie constituait une aide d’Etat prohibée. Par une instruction du 28 février 2003 (BOI 4 C-2-03) la France a donc revu sa législation en matière de centrale de trésorerie et a rétabli la limitation relative au taux d’intérêt maximum pour les centrales de trésorerie et ce, avec effet rétroactif au 1er janvier 2003.
De plus, une fraction des intérêts peut être non déductible sur le plan fiscal lorsque les intérêts rémunèrent la partie des prêts consentis par les associés dirigeants ou majoritaires excédant 1,5 fois le capital social (rapport dette/capitaux de 1,5/1) Toutefois, cette limitation ne s’applique pas pour les associés qui ont la qualité de société mère selon la législation française
Dans une instruction se ralliant à 2 décisions
du Conseil d’Etat, les autorités fiscales ont
indiqué qu’elles ne contesterait plus la déductibilité
des intérêts versés par une filiale française
à sa mère étrangère sur la base
des règles de sous-capitalisation de l’article
212 CGI (rapport dette/capitaux de 1,5/1 sauf lorsque
la société mère est française).
Toutefois ces règles continueront à s’appliquer
aux intérêts versés aux sociétés
mères non établies dans un Etat Membre de l’UE
qui n’a pas conclu avec la France un traité
fiscal ou dont le traité fiscal en contient pas
de clause de non discrimination.
Les règles de sous capitalisation continueront également
à s’appliquer lorsque les traités fiscaux
n’interdisent pas ou autorisent expressément
l’application de ces règles. En application de
ces principes les règles de sous-capitalisation continueront
de s’appliquer à 58 pays :
Afrique du Sud
|
Kazakhstan |
Algérie
|
Koweït |
Arabie saoudite
|
Mali |
Argentine
|
Maurice |
Arménie
|
Mauritanie |
Australie
|
Mayotte |
Bahrein
|
Mexique |
Bangladesh
|
Mongolie |
Bénin
|
Namibie |
Bolivie
|
Niger |
Botswana
|
Nigeria |
Burkina-Faso
|
Norvège |
Cameroun
|
Nouvelle-Calédonie |
Canada
|
Nouvelle-Zélande |
République Centrafricaine
|
Oman |
Congo
|
Ouzbékistan |
Corée du Sud
|
Pakistan |
Egypte
|
Polynésie |
Emirats arabes unis
|
Québec |
Equateur
|
Russie |
Etats-Unis
|
St-Pierre-et-Miquelon |
Gabon
|
Suisse |
Ghana
|
Togo |
Inde
|
Turquie |
Islande
|
Ukraine |
Israël
|
Ex-URSS |
Jamaïque
|
Venezuela |
Japon
|
Viêt Nam |
| Jordanie |
Zimbabwe |
La nouvelle instruction confirme également que les
règles concernant les prix
de transfert ne sont pas applicables pour déterminer
la pertinence du rapport dette/capitaux propres.
Les autorités fiscales ont toutefois indiqué
que les établissements
stables d’entreprises étrangères ne
bénéficiaient pas de ces nouvelles règles.
Retenue à la source :
A compter du 1er janvier 2004 les intérêts versés entre entreprises
associées établies en France et dans d'autres états-membres
de l'Union Européenne et liées par une participation d'au
moins 25% détenue de façon ininterrompue au minimum depuis
2 ans, seront taxées dans l'Etat Membre dans lequel la société
ou l'établissement stable bénéficiaire est établi. La Grèce,
le Portugal et l'Espagne pourront continuer à prélever une
retenue à la source sur ces intérêts pendant une période transitoire. |